Méthode Thys

Entretiens

"Puisque cela est possible"…

Interrogations à propos de la méthode Thys

- Recherche menée d’octobre 1999 à juillet 2001 -

Le but de cette recherche était d’essayer d’établir une espèce d’état des lieux des intérêts multiples suscités par la méthode initiée par Hervé Thys en 1980, mais aussi de tenter de construire un "savoir commun" à propos de celle-ci, à travers la confrontation et la mise en résonance des points de vue de différentes personnes qui s’y intéressaient depuis un certain nombre d’années. Et cela, sachant que chacune de ces personnes appartenait à des disciplines et à des pratiques de savoir complètement différentes ; que chacune était porteuse de ses spécificités, non seulement en termes de contenu ou d’approche mais également en termes de mode d’adresse et de relation - aux autres et aux objets qu’elle étudie.
Nous voulions également éviter de recourir à la forme usuelle du colloque transdisciplinaire où souvent, chacun, après son propre topo, se contente d’écouter poliment les autres en finir, toujours trop longuement, avec le leur…
Il s’agissait donc de mettre au point un dispositif, une expérimentation qui, tout en préservant la singularité des approches respectives, permettrait de générer collectivement du savoir.

Le groupe que nous avons décidé de constituer est composé de Daniel Stern, pédopsychiatre, d’Hermann Sabbe, musicologue, de Marc Hérouet, musicien et directeur, à l’époque, des Jeunesses Musicales, d’Isabelle Stengers, philosophe, de Thierry De Smedt, spécialiste de la communication et d’Hervé Thys, initiateur de la méthode.
Le dispositif, les entretiens et le travail de mise en forme, sont dus à Didier Demorcy, réalisateur, et à Isabelle Stengers.

Nous avons mis au point une procédure en quatre temps : une première phase de récolte auprès de chacun des six intervenants ; une deuxième phase de traitement, de sélection et de "mise en scène" des propos recueillis ; une troisième étape de remise en jeu et d’approfondissement, où chaque intervenant était invité à réagir à cette première mise en scène. Et à la fin de cette procédure, un dernier travail de traitement, de mise en forme, et la réalisation du texte final.

Comment avons-nous procédé concrètement ? Au départ nous avons réalisé un premier entretien avec Hervé Thys où il retraçait l’historique de la méthode, sa progressive mise au point, son fonctionnement actuel et l’apprentissage de ses enjeux.
Ensuite, à partir de nos propres informations et de cet entretien, nous avons élaboré un ensemble de quatre-vingt cinq "interrogations". (lien cliquable vers page 20 ou QTS.htm) Interrogations et pas questions car le but était d’essayer de créer une situation de "pensée ensemble", une situation de parole engagée où chacun se sentirait libre d’aller au plus loin de ce qu’il se découvrirait capable de partager.
Nous avons adressé ces quatre-vingt cinq interrogations aux six personnes en leur demandant de choisir celles qui les intéressaient plus particulièrement, celles dont ils pensaient qu’elles étaient le plus à même à faire progresser la question de la méthode ou leur permettaient de tenter d’établir les liens les plus prometteurs avec les autres contributeurs.
C’est donc autour de leur sélection personnelle que la contribution de chacun s’est organisée : tous ont fabriqué leur propre itinéraire à travers l’entrelacs des interrogations.

A chacune des étapes qui ont suivi, les participants ont disposé de la totalité du matériel produit, de manière à pouvoir prendre connaissance de ce que les autres avaient dit, et à pouvoir suivre et contrôler comment la mise en forme proposée affectait, pour le meilleur et pour le pire, leurs propres propos.
Nous poursuivons pour cette présentation finale le même parti de transparence, le même essai de transversalité. On trouvera donc sur demande ou sur le site consacré à la Méthode (texte en consultation on-line ou en version imprimable), le questionnaire initial et les six entretiens "in extenso en texte brut" – c’est-à-dire non coupés, à peine réécrits et comprenant les propos recueillis lors de la première et de la troisième phase.
Lors de ce second entretien, les six participants disposaient en outre d’une première version de la mise en scène que nous avions élaborée - et dont la version finale (quatrième phase) vous est proposée à partir de l’onglet sommaire de cette même page.
Afin de maintenir ce parti pris de transparence et de transversalité jusqu’au terme de l’entreprise, les différentes parties des entretiens reprises dans cette ultime mise en scène y sont d’ailleurs référencées – renvoyant au texte et au contexte initiaux des entretiens dont elles sont issues, permettant des "lectures croisées", invitant à un certain vagabondage...

En quoi consiste ce processus de mise en scène ? A partir de la masse d’informations dégagée lors des premiers entretiens, nous avons essayé de trouver ce qui se construisait en terme de propos, et comment nous pouvions organiser cet ensemble - tout en opérant une nécessaire sélection. Et, peu à peu, sont apparus sept "bassins attracteurs" : sept champs problématiques et ouverts, qui permettaient à la fois de regrouper différentes parties d’entretiens - mais aussi de les monter, de les faire s’entre répondre… sans commentaires.
Les textes ainsi rapprochés s’articulaient suffisamment pour qu’à la lecture chaque ensemble, chaque attracteur, génère sa propre cohérence. Les sept bassins attracteurs ayant subi l’épreuve du deuxième entretien, nous en avons produit une nouvelle version, que nous espérons lisible pour des personnes qui n’ont pas participé au processus. En l’occurrence, les "blocs de citation" se trouvent désormais explicitement liés par un propos qui prend expressément la responsabilité de leur agencement : ce propos est celui des metteurs en scène et n’engage qu’eux !


Thys methode